La bienveillance. De quoi parle-t-on ? (vidéo)

"Être bienveillant, c’est porter sur autrui un regard aimant, compréhensif, sans jugement, en souhaitant qu’il se sente bien et en y veillant" - Catherine Gueguen dans « Vivre heureux avec son enfant ».
 
Dans sa dernière vidéo, #EtToutLeMondeSenFout revient sur la bienveillance (voir la vidéo en bas de l'article). Mais revenons sur la bienveillance, sa définition et son rôle tant dans l'éducation que dans les apprentissages.
 

 

Les fondements : la théorie de l’attachement
L'un des premiers fondements de l’éducation bienveillante, c’est la théorie de l’attachement. Elaborée par John Bowlby entre les années 50 et 80, cette théorie met en exergue le fait que dans l’enfance, l’humain construit des modèles d’attachement, en fonction des interactions qu’il aura avec les adultes qui l'entourent (par imitation notamment), et de la façon dont ils sauront, ou pas, répondre à ses besoins. C’est à partir de ces premières expériences interactionnelles que l’enfant va construire sa base de sécurité, et cela va avoir des conséquences sur la façon dont plus tard, il va oser manifester sa détresse, demander de l’aide, et trouvera du soutien ; autrement dit, sur la façon dont il va créer des liens.

 

La bienveillance et la psychologie positive
On confond souvent, à tort, la psychologie positive avec la pensée positive. Non, être dans la bienveillance, ce n’est pas voir la vie en rose 24h/24, avoir la pêche et l'envie de s’amuser même à 2h du matin. Ce n’est pas non plus être gentil et doux et prendre les choses du bon côté quand votre dernier exerce ses talents d’artiste sur le  mur du salon avec des feutres non lavables.

La psychologie positive, élaborée en 1998 par Martin E.P. Seligman, s’oppose à la psychologie clinique. Cette dernière s’intéresse à la pathologie, à la souffrance psychique, et émet des hypothèses sur ce qui amène le patient à souffrir, en analysant son vécu infantile ou la façon dont il interagit avec le monde, alors que la psychologie positive, elle, s’intéresse aux adultes bien dans leur peau, qui ont confiance en eux, réussissent professionnellement et affectivement. Elle répond à la même rigueur scientifique que la psychologie clinique mais n’étudie pas l’humain sous le même angle.

La psychologie positive, donc, a pu tirer, à partir de l’étude sur des adultes épanouis, quels étaient les facteurs qui pourraient aider les enfants, à devenir confiants, responsables, empathiques, et résilients.

 

Empathie et bienveillance

L’empathie est « une capacité innée qui permet de détecter et de répondre aux signaux émotionnels d’autrui ». Mieux, lorsque nous éprouvons de l’empathie, nous sécrétons de l’ocytocine qui est la molécule de l’affection. Notons que l’empathie se transmet à l’enfant.

Pour être empathique, il est essentiel de cultiver de l’empathie pour soi : « Cela signifie accueillir, sentir, comprendre les émotions, les sentiments qui nous animent, avec indulgence ».

La base est d’exprimer ce que nous ressentons en posant des mots sur nos émotions (en utilisant le « je »). A force d’observer et d’entendre notre manière de gérer les émotions, l’enfant apprendra lui aussi et développera sa sociabilité.

 

La Communication Non Violente (CNV) : le langage de l’empathie
La Communication Non Violente est un « langage », une façon de communiquer élaborée par Marshall B. Rosenberg dans les années 70, visant la connexion avec l’autre basée sur l’empathie. La CNV invite chacun à se centrer sur ses propres besoins, à prendre la responsabilité de leur satisfaction, avec l’aide ou non des autres, auxquels il est alors fait une demande.

Cette approche implique de prendre conscience de ses émotions, de savoir les nommer et les traduire en besoins à satisfaire pour ensuite passer à l’élaboration de stratégies visant à cet objectif.

Elle invite à sortir du conditionnement induit par notre éducation et notre culture, qui nous amène souvent à poser des jugements moraux, des évaluations, des interprétations, sur ce qui ne sont en réalité que des faits observables par le prisme de notre propre perception.

 

Et les neurosciences ?
Grâce aux progrès de l’imagerie, les neurosciences ont connu de grandes avancées ces 15 dernières années, venant ainsi infirmer certaines hypothèses ou en confirmer d’autres.

On sait de mieux en mieux comment se développe le cerveau du jeune enfant, et ainsi appréhender avec plus de justesse ce que celui-ci peut faire, comprendre ou comment il se représente son environnement en fonction de son âge. On sait également que certaines compétences sont présentes dès la naissance (comme les capacités d’empathie ou le jugement moral), mais que celles-ci vont se développer de façon plus ou moins harmonieuse en fonction des interactions du bébé avec son environnement.

Toutes ces découvertes nous indiquent comment il nous est possible d’accompagner les enfants dont nous avons la responsabilité, pour leur permettre d’avoir un développement le optimal possible.

Les effets de la bienveillance sont visibles dans le cerveau même de l’enfant avec la sécrétion de molécules telles que l’ocytocine, la dopamine, l’endorphine ou la sérotonine. Ce cocktail chimique rend l’enfant heureux, sociable, apaisé, motivé et créatif. De plus, il mémorise et apprend mieux.

 
La bienveillance n’est pas du laxisme

Un accompagnement bienveillant qui s’appuie sur les compétences de l’enfant. En périphérie de tout ça, on retrouve tout un ensemble de pratiques issues du maternage proximal (comme le portage, l’allaitement,…) de l’éducation (comme la motricité libre ou la vision de  Maria Montessori). Ces approches vont dans le sens d’un positionnement relationnel basé sur la confiance dans les ressources de l’enfant pour aller vers son propre développement, à partir de ses propres expériences sensorielles et motrices. Ce qui implique un soutien, un accompagnement bienveillant de la part de l’adulte, qui devient un tuteur qui accueille, enseigne et transmet à l’enfant par le biais de la relation qu’il construit avec lui, les compétences relationnelles et émotionnelles lui permettant progressivement d’appréhender les contours de sa propre identité et de son unicité.

La bienveillance implique des règles et de l’autorité de la part des adultes. Le cadre posé est cependant propice à une adhésion par l’enfant et non à une soumission. La motivation induite par une éducation bienveillante est par conséquent saine et pérenne.

On perçoit alors comment cette éducation bienveillante, invite à une perception de l’enfant comme un être de potentialités, que l’éducation et la relation vont lui permettre de développer. Il y est également question pour nous les adultes, de renoncer à agir dans l’intention d’éduquer à partir d’un projet pour l’enfant, mais de lui offrir des opportunités de découvertes de lui-même. Car, n’en doutons pas, une pleine connaissance et conscience de nous-mêmes, de nos limites, besoins et valeurs, favorisent la rencontre avec l’autre, la responsabilité et la pleine humanité.

 
La pleine conscience

L’enfant vit dans le présent, il est spontané. Pour le comprendre et « se synchroniser » avec lui, il est donc essentiel de déconnecter notre propre mental (qui est à l’origine de nos jugements) pour se retrouver en pleine conscience de ce que nous vivons. Ainsi, nous serons capables de développer notre empathie et de diminuer le stress, ennemi puissant de la bienveillance.

 
Le jeu, un allié de choix dans la bienveillance

Quand un enfant joue, une molécule cérébrale appelée BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor) est sécrétée. Celle-ci permet la croissance des neurones et le bon développement du cerveau. C'est là que l'on comprends l'importance du jeu dans l'apprentissage !

 

En conclusion

La bienveillance est synonyme d’empathie, d’amour, de pleine conscience, d’intelligence émotionnelle, de jeu (et d’humour) mais aussi de règles.

Et son application demande de l’entrainement, ne serait-ce que pour déconnecter nos processus inconscients de pensée et d’action (hérités souvent de notre propre éducation).

Autre facteur important : le stress. Sans lui, tout serait bien plus simple ! C’est pour cela qu’il est important d’acquérir des techniques anti-stress (relaxation,  méditation, sophrologie, etc.) et une approche psycho-éducative. Notons que l’amour est un formidable remède pour réguler le stress.

Rajoutons que les enfants élevés dans la bienveillance feront plus naturellement preuve de bienveillance à leur tour. C’est un cercle vertueux.

 

 

 

Et je laisse le mot de la fin à cette merveilleuse vidéo de Et tout le monde s'en fout !

 

 

 

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Source :

http://papapositive.fr/les-cles-de-la-bienveillance-dans-leducation-catherine-gueguen/

https://lesprosdelapetiteenfance.fr/bebes-enfants/psycho-pedagogie/education-bienveillante-etre-lecoute-des-tout-petits-et-de-leurs-emotions/education-bienveillante-de-quoi-parle-t

https://www.youtube.com/channel/UC-2EkisRV8h9KsHpslQ1gXA

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Marina Failliot-Laloux

Praticienne en Psychopédagogie Positive

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© 2019 par Marina Failliot-Laloux,

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