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Les erreurs les plus fréquentes lorsque l’on veut aider un enfant à mieux écrire

  • Marina Laloux-Failliot
  • il y a 2 jours
  • 13 min de lecture

« Il faudrait qu’il s’applique davantage. »

« Qu’il écrive plus lentement, il fera moins d’erreurs. »

« Faites-lui copier une page chaque soir, cela devrait améliorer son écriture. »

« On pourrait peut-être essayer un autre stylo ? »


Lorsqu’un enfant rencontre des difficultés d’écriture, les adultes cherchent naturellement des solutions. Parents, enseignants et professionnels veulent l’aider, et certaines recommandations paraissent tellement évidentes qu’elles sont parfois mises en place sans que l’on s’interroge sur leur pertinence.

Pourtant, améliorer une écriture ne consiste pas simplement à demander à l’enfant de faire davantage d’efforts.

L’écriture manuscrite est une activité complexe qui mobilise simultanément des compétences motrices, perceptives, attentionnelles, linguistiques et cognitives. Pour devenir suffisamment fluide, le geste doit progressivement s’automatiser. L’enfant doit également apprendre à gérer la forme des lettres, leur enchaînement, l’espace, la vitesse et les exigences de la tâche.

Les recommandations françaises vont d’ailleurs dans ce sens : l’apprentissage de l’écriture est progressif et doit permettre d’acquérir une écriture de plus en plus automatisée, fluide et efficace. Le ministère de l’Éducation nationale souligne notamment que l’automatisation du geste permet progressivement de libérer les ressources de mémoire et d’attention nécessaires aux autres dimensions de l’écriture.

Alors, que peut-on réellement faire pour aider un enfant ? Et surtout, quelles sont les erreurs les plus fréquentes à éviter ?

1. Faire copier des lignes en espérant que l’écriture s’améliore


La copie fait partie de l’apprentissage de l’écriture. Elle permet notamment de travailler la formation des lettres, l'enchaînement des gestes et certaines stratégies de copie.

Le problème n’est donc pas la copie en elle-même. Le problème apparaît lorsque l’on transforme la copie en réponse systématique à toute difficulté d’écriture.

Un enfant écrit mal ? On lui fait copier une page.

Il écrit trop lentement ? On lui fait copier davantage.

Il oublie certaines lettres ? On lui fait recopier plusieurs lignes.

Cette logique repose sur une idée simple : « plus il écrira, mieux il écrira ». La réalité est plus nuancée.

La pratique est nécessaire… mais elle doit être pertinente

Les recherches sur les interventions en écriture montrent effectivement que la pratique de l’écriture est importante. Une revue systématique de Hoy, Egan et Feder portant sur les interventions destinées aux enfants présentant des difficultés d’écriture a notamment conclu que les interventions qui ne comportaient pas de pratique de l’écriture elle-même n'étaient pas efficaces, et que les interventions comportant un nombre insuffisant de séances obtenaient également de moins bons résultats.

Mais cela ne signifie pas que n'importe quelle quantité de copie est bénéfique.

Une revue systématique consacrée aux programmes d’intervention fondés sur le curriculum scolaire a trouvé des améliorations petites à modérées de la lisibilité, mais des résultats beaucoup moins clairs concernant la vitesse et l'endurance. Elle ne permettait notamment pas de conclure qu’un programme particulier était supérieur aux autres.

La question n'est donc pas : « Combien de lignes doit-il copier ? », mais plutôt : « Qu’est-ce que cette activité cherche précisément à lui apprendre ? »

La copie doit avoir un objectif

Les ressources pédagogiques françaises présentent d’ailleurs la copie comme une activité qui doit faire l’objet d’un apprentissage explicite des stratégies permettant de copier efficacement. Elles proposent différentes modalités : copie lettre à lettre, syllabe par syllabe, mot à mot ou groupe de mots par groupe de mots, avec une réflexion sur leur efficacité selon la situation.

Faire recopier mécaniquement une même phrase vingt fois n'est donc pas équivalent à proposer une activité de copie pensée pour travailler une compétence précise.

Dans certains cas, la répétition peut même devenir contre-productive sur le plan motivationnel : l’enfant associe alors l’écriture à une tâche longue et punitive, sans comprendre ce qu’il est censé améliorer.

Ce que peut faire un graphothérapeute

Dans la pratique, le graphothérapeute cherche d'abord à identifier ce qui pose problème dans l’écriture.

Si la difficulté concerne, par exemple, l'enchaînement de certaines lettres, la stratégie de remédiation ne sera pas nécessairement la même que pour un enfant dont l’écriture est très lente ou qui exerce une pression excessive sur son outil.

La copie peut alors être utilisée, mais comme un moyen, et non comme une fin.


2. Demander systématiquement à l’enfant d’écrire plus lentement


« Ralentis ! »

Cette consigne est probablement l'une des plus fréquemment données aux enfants dont l’écriture est difficile à lire. Elle paraît logique : si l'enfant va moins vite, il devrait avoir davantage de temps pour former correctement ses lettres. Parfois, cela fonctionne. Mais pas toujours.

Ralentir ne résout pas nécessairement la cause de la difficulté

Si l’enfant manque de maîtrise dans la formation des lettres, simplement ralentir ne lui apprend pas comment les former. S’il ne sait pas encore automatiser certains enchaînements, ralentir peut même augmenter le contrôle conscient du geste. Or l’objectif du développement de l’écriture est précisément de parvenir progressivement à une automatisation suffisante.

Les recherches montrent que la lisibilité et la vitesse sont deux dimensions importantes, mais qu'elles ne sont pas interchangeables. Une étude portant sur 148 enfants d'âge scolaire a notamment montré que la lisibilité variait selon les tâches d’écriture proposées : copier au mieux, copier rapidement ou écrire librement ne sollicitent pas exactement les mêmes compétences.

Autrement dit, un enfant peut produire une écriture différente selon ce qu'on lui demande. Il faut donc être prudent avant de conclure qu'il suffit de lui demander de ralentir.

Une question plus intéressante : pourquoi écrit-il vite ?

La vitesse peut avoir plusieurs origines. L’enfant peut :

  • Avoir suffisamment automatisé son geste ;

  • Chercher à terminer rapidement une tâche qu’il apprécie peu ;

  • Manquer de contrôle dans certains mouvements ;

  • Utiliser une stratégie personnelle efficace ;

  • Être en difficulté lorsqu’il doit simultanément écouter, réfléchir et écrire ;

  • Ou, au contraire, avoir une écriture lente parce qu’il contrôle chaque lettre.

Ces situations ne nécessitent évidemment pas la même réponse.

La recherche sur l’écriture montre d’ailleurs l’importance d’observer le processus d’écriture, et pas seulement le produit final. Chez les enfants présentant certains troubles du développement moteur, par exemple, les différences peuvent concerner à la fois la vitesse, la durée des mouvements, les dimensions spatiales et la qualité de l’écriture.

Ce qui peut être plus pertinent

Plutôt que de dire systématiquement « ralentis », il peut être plus utile de déterminer à quelle vitesse l’enfant peut écrire tout en conservant une qualité suffisante. L'objectif n'est pas d'obtenir la plus belle écriture possible à la vitesse la plus lente. L'objectif est de trouver un fonctionnement suffisamment fluide, lisible et économique pour répondre aux exigences réelles de l'enfant.

3. Changer de stylo sans comprendre le problème

Le stylo est souvent le premier élément que l'on modifie. Crayon triangulaire, stylo ergonomique, grip, mine plus épaisse, stylo plus lourd, plus léger… Certains enfants apprécient réellement un outil plutôt qu'un autre, et le matériel peut avoir une influence sur le confort. Mais changer de stylo ne constitue pas, à lui seul, une intervention sur l'écriture.

La tenue du crayon n'est pas une question aussi simple qu'on pourrait le croire

Une idée très répandue consiste à penser qu'il existe une seule bonne manière de tenir son crayon. La littérature invite pourtant à davantage de prudence.

Une étude portant sur 120 élèves de quatrième année n'a pas trouvé d'effet significatif des différents types de prises matures sur la vitesse ou la lisibilité de l'écriture. Les auteurs concluaient que certaines prises alternatives pouvaient être compatibles avec une écriture rapide et lisible.

Une revue de portée publiée en 2023 souligne elle aussi que les connaissances sur les relations entre prise de crayon et performance d'écriture restent limitées et que les résultats sont encore inconclusifs.

Cela ne signifie évidemment pas que la prise du crayon n'a jamais d'importance. Cela signifie qu'il faut éviter de considérer une prise particulière comme une fin en soi.

Le bon critère est fonctionnel

La question intéressante est plutôt :

  • L'enfant est-il confortable ?

  • Peut-il déplacer son outil avec suffisamment de mobilité ?

  • Sa prise entraîne-t-elle une tension excessive ?

  • La force exercée est-elle adaptée ?

  • Cette organisation lui permet-elle d'écrire suffisamment longtemps ?

Le matériel peut alors devenir un levier d'adaptation. Mais il doit répondre à un besoin identifié.

Des travaux récents montrent d'ailleurs que les caractéristiques physiques du crayon peuvent influencer le confort et la motivation à écrire chez de jeunes élèves. Une étude expérimentale publiée en 2025 a notamment observé des effets du design du crayon sur le confort perçu, l'anxiété liée à l'écriture et la motivation chez des élèves de CP. Le stylo peut donc compter.

Mais il ne faudrait pas en faire le coupable ou la solution universelle.

4. Penser que l'enfant ne s'applique pas suffisamment

« Il pourrait faire mieux s'il voulait vraiment. »

Cette phrase est probablement l'une des plus injustes que l'on puisse adresser à un enfant qui rencontre des difficultés d'écriture. Elle traduit une confusion entre effort et efficacité. Un enfant peut faire énormément d'efforts et ne pas parvenir au résultat attendu.

L'écriture n'est pas une compétence uniquement liée à la volonté

Écrire nécessite la coordination de nombreuses opérations. L'enfant doit produire des formes graphiques tout en gérant le langage, l'orthographe, la consigne, l'organisation spatiale et parfois le contenu de ce qu'il souhaite exprimer. Lorsque le geste graphique n'est pas suffisamment automatisé, il peut occuper une part importante des ressources attentionnelles.

Les recommandations pédagogiques françaises le soulignent explicitement : tant que le geste d'écriture n'est pas suffisamment automatisé, il est plus difficile pour l'élève de se concentrer sur les autres aspects de l'écriture.

Dire « applique-toi » ne permet donc pas nécessairement de résoudre le problème. Cela peut même avoir l'effet inverse si l'enfant est déjà dans un contrôle excessif.


Et si l'enfant faisait déjà de son mieux ?

C'est une question importante à se poser. Qu'est-ce que je suppose lorsque je dis qu'un enfant « ne fait pas assez d'efforts » ? Peut-être que je suppose qu'il contrôle volontairement toutes les composantes de son écriture. Or il est possible qu'il ne sache tout simplement pas encore comment produire le geste attendu avec suffisamment d'efficacité.

Dans cette situation, il a besoin d'un enseignement et d'un entraînement adaptés, pas d'une injonction supplémentaire.

Les études d'intervention vont dans cette direction : les programmes qui enseignent explicitement les compétences d'écriture et utilisent des stratégies d'apprentissage structurées semblent plus prometteurs que les approches consistant simplement à travailler des prérequis de manière isolée.

5. Supprimer les activités d'écriture pour éviter la fatigue

Lorsqu'un enfant est en difficulté, une autre réaction peut sembler évidente : puisqu'écrire lui demande beaucoup d'efforts, réduisons au maximum les activités d'écriture. Dans certaines situations, réduire temporairement la quantité d'écrit demandée peut être parfaitement pertinent. Mais il faut distinguer adaptation et suppression.

Adapter n'est pas supprimer

Un enfant qui se fatigue rapidement peut avoir besoin :

  • Dtemps supplémentaire ;

  • D'une quantité d'écriture adaptée ;

  • D'une alternance entre différentes activités ;

  • D'un support mieux adapté ;

  • D'un aménagement des tâches de copie ;

  • Ou, selon les situations, d'outils numériques.

Ces adaptations peuvent permettre à l'enfant de continuer à participer aux apprentissages sans être constamment mis en échec.


Mais supprimer durablement toute possibilité de pratiquer l'écriture pose une autre question : comment le geste peut-il progresser sans pratique ?

Les revues systématiques sur les interventions en écriture convergent sur un point : la pratique de l'écriture elle-même est une composante importante des interventions efficaces.

Les recommandations françaises insistent également sur une pratique régulière et quotidienne de l'écriture manuscrite à l'école, avec des tâches variées et des objectifs différents.

L'enjeu est donc de trouver un équilibre : ne pas épuiser l'enfant, mais ne pas le priver non plus d'occasions d'apprendre et de pratiquer.

6. Se focaliser sur la motricité fine sans travailler réellement l'écriture


Une autre tendance consiste à proposer exclusivement des activités dites de « motricité fine » : perles, pâte à modeler, pinces, découpages, jeux de doigts… Ces activités peuvent avoir leur intérêt. Mais une question essentielle doit être posée : est-ce que l'amélioration d'une compétence générale entraîne automatiquement une amélioration de l'écriture ? La réponse n'est pas aussi évidente qu'on pourrait le penser.

Une étude expérimentale menée auprès d'enfants de 6 à 11 ans présentant des difficultés d'écriture a comparé une intervention sensorimotrice à une intervention reposant directement sur une pratique thérapeutique de l'écriture. Le groupe ayant bénéficié de la pratique spécifique de l'écriture a montré une amélioration modérée de ses performances d'écriture, tandis que le groupe sensorimoteur n'a pas obtenu le même bénéfice sur l'écriture.

Les auteurs ne concluent évidemment pas que la motricité fine est inutile. Ils montrent surtout quelque chose de fondamental : travailler une capacité supposée nécessaire à l'écriture n'est pas forcément équivalent à travailler l'écriture elle-même. Cette distinction est particulièrement importante lorsqu'on accompagne un enfant présentant une difficulté précise.

Alors, qu'est-ce qui fonctionne réellement ?

La recherche ne fournit pas une « méthode miracle » applicable à tous les enfants. Elle permet cependant de dégager plusieurs principes intéressants.

1. Enseigner explicitement

L'enfant ne doit pas simplement être placé devant une feuille et invité à recommencer.

Il doit pouvoir comprendre ce qu'il cherche à améliorer.

Les recherches synthétisées dans les revues d'intervention montrent un intérêt des approches qui associent enseignement explicite de l'écriture, stratégies cognitives et pratique du geste. Cela peut signifier verbaliser une stratégie, observer un modèle, décomposer une difficulté puis progressivement réduire les aides.

Les ressources pédagogiques françaises accordent elles aussi une place importante à la verbalisation et à l'observation de l'élève en situation afin d'adapter l'enseignement à ses besoins.

2. Pratiquer l'écriture elle-même

Cela paraît évident, mais c'est un point essentiel. Si l'objectif est d'améliorer l'écriture, la pratique doit comporter une quantité suffisante d'activités d'écriture. Mais cette pratique doit être régulière, progressive et ciblée.

Une courte activité répétée régulièrement peut être plus pertinente qu'une longue séance occasionnelle vécue comme une corvée. La littérature disponible soutient globalement l'importance de cette pratique spécifique.

3. Travailler une compétence à la fois, puis la réinvestir

Il peut être difficile pour un enfant de modifier simultanément sa posture, sa tenue du stylo, la forme des lettres, leur taille, la vitesse et l'organisation spatiale. Une intervention efficace cherche donc à identifier les priorités.

Par exemple :

« Aujourd'hui, nous allons surtout travailler l'enchaînement de ces lettres. »

Puis, lorsque la compétence devient plus stable, elle est réinvestie dans des mots, des phrases et finalement dans des tâches fonctionnelles.

Cette progression est cohérente avec les approches de type apprentissage moteur et stratégies cognitives décrites dans les revues de littérature.

4. Travailler dans des situations qui ont du sens

L'écriture n'existe pas uniquement sous forme de lignes d'entraînement.

Un enfant écrit pour :

  • Répondre à une question ;

  • Raconter quelque chose ;

  • Noter une information ;

  • Faire un exercice ;

  • Prendre une note ;

  • Produire un texte ;

  • Ecrire un message.


Les programmes scolaires français encouragent précisément la variété des situations d'écriture et l'utilisation de l'écriture comme outil de réflexion, de mémorisation et de communication. Le travail spécifique du geste doit donc progressivement se transférer vers les activités réelles de l'enfant.

5. Mesurer les progrès autrement que par la « beauté » de l'écriture

C'est probablement l'un des changements de regard les plus importants. Pour savoir si un enfant progresse, il ne suffit pas de comparer deux pages. Il est intéressant d'observer :

  • La lisibilité ;

  • La vitesse ;

  • La fluidité ;

  • La stabilité du geste ;

  • L'endurance ;

  • La fatigue ;

  • La douleur éventuelle ;

  • La capacité à maintenir ses performances dans la durée ;

  • Et surtout l'impact sur les activités scolaires.

Une étude menée chez des enfants présentant un trouble développemental de la coordination (TDC) montre notamment que la vitesse et la lisibilité peuvent toutes deux apporter des informations sur les difficultés d'écriture. L'évaluation doit donc être suffisamment large pour ne pas réduire l'écriture à son apparence.

Et le rôle du graphothérapeute dans tout cela ?

C'est précisément ici que l'observation clinique prend toute son importance. Les recherches permettent de connaître les principes généraux qui semblent favoriser l'apprentissage et l'amélioration de l'écriture. Elles ne permettent pas pour autant de déterminer à distance ce dont tel enfant a besoin. C'est le rôle de l'évaluation de rechercher les facteurs qui semblent limiter son écriture.

Le graphothérapeute observe notamment le geste, son organisation, les stratégies utilisées par l'enfant, la qualité et la vitesse de la production, ainsi que les conditions dans lesquelles l'écriture devient plus difficile.

Cette observation clinique ne doit pas être confondue avec une preuve scientifique : elle constitue une démarche professionnelle permettant de formuler des hypothèses sur le fonctionnement de l'enfant et d'adapter l'accompagnement. C'est une distinction importante.

La littérature dit ce que nous savons de manière générale. L'évaluation permet de comprendre comment cela se manifeste chez un enfant donné.

Et lorsque les difficultés dépassent le champ de compétence du graphothérapeute, ou lorsqu'une autre problématique est suspectée, le travail en lien avec les autres professionnels concernés est essentiel.

Et pour finir : Aider un enfant à mieux écrire, ce n'est pas lui demander de faire davantage d'efforts

Les bonnes intentions ne suffisent pas toujours. Faire copier davantage, demander de ralentir, changer systématiquement de stylo, multiplier les exercices de motricité fine ou répéter « applique-toi » peuvent sembler logiques. Mais aucune de ces réponses ne constitue, à elle seule, une solution aux difficultés d'écriture.

Les données disponibles invitent plutôt à privilégier une approche :

Spécifique — on travaille réellement l'écriture ;

Explicite — l'enfant comprend ce qu'il apprend ;

Progressive — les exigences sont adaptées à son niveau ;

Régulière — la pratique est suffisamment fréquente ;

Fonctionnelle — les compétences sont réinvesties dans les tâches réelles ;

Individualisée — les objectifs dépendent du profil de l'enfant.

Et surtout, il est essentiel de changer de question. Plutôt que :

« Comment faire pour qu'il écrive mieux ? »

On peut commencer par demander :

« Qu'est-ce qui rend son écriture difficile aujourd'hui ? »

Cette question paraît simple, mais elle change profondément la manière d'intervenir. Parce qu'avant de chercher à modifier une écriture, il faut essayer de comprendre ce qui se passe derrière le geste. C'est précisément cette démarche d'observation, d'analyse et d'adaptation qui constitue l'un des fondements de la pratique professionnelle du graphothérapeute.

À retenir

À éviter :

  • faire copier mécaniquement de longues lignes ;

  • demander systématiquement de ralentir ;

  • considérer qu'une prise de crayon particulière explique nécessairement les difficultés ;

  • changer de matériel sans avoir identifié un besoin ;

  • interpréter la difficulté comme un manque d'application ;

  • remplacer durablement l'écriture par d'autres activités ;

  • travailler uniquement des compétences « préparatoires » sans réinvestissement dans l'écriture.

À privilégier :

  • une observation précise des difficultés ;

  • un enseignement explicite du geste ;

  • une pratique régulière et spécifique de l'écriture ;

  • des stratégies adaptées à l'enfant ;

  • des tâches progressives et porteuses de sens ;

  • une évaluation de la lisibilité, de la vitesse, de la fluidité et du coût de l'écriture ;

  • des adaptations lorsque la difficulté le nécessite ;

  • une collaboration avec les autres professionnels lorsque cela est pertinent.

Bibliographie

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Ressources institutionnelles

  • Ministère de l'Éducation nationale. Ressources d'accompagnement du programme de français au cycle 2 : apprentissage du geste d'écriture et de la copie.

  • Ministère de l'Éducation nationale. L'école maternelle, école du langage – Guider l'apprentissage des gestes graphiques et de l'écriture, Bulletin officiel, 2019.

  • Ministère de l'Éducation nationale. Renforcer la maîtrise des savoirs fondamentaux des élèves de CM1, CM2 et 6e, 2023.

  • Ministère de l'Éducation nationale. Programmes et horaires à l'école élémentaire, ressources actualisées.

 
 
 

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